Poésie pour tous

En découvrant les mots d’Attila, on a l’impression de tenir un trésor entre ses mains. Non seulement ses œuvres complètes ne sont pas faciles à trouver, mais, surtout, cheminant de poème en poème, on ne peut s’empêcher de se dire que ce poète n’est pas connu et célébré comme il devrait l’être. Comme si le monde était passé à côté de quelque chose de rare, une écriture unique, sombre et solaire à la fois. Il y a dans les mots d’Attila une permanence, des couleurs, des sensations qui nous imprègnent et résonnent, qui nous accompagnent. C’est dans ce désir de transmettre et de mettre en lumière l’écriture d’Attila Jozsef que ce spectacle est né.

Ensuite, est venue la question de la forme, du parti pris. Outre l’évidence de la musique sur scène qui était là dès le départ, nous sommes partis du constat que le verbe que nous voulions porter est aussi bien intime que collectif, qu’il se prête aussi bien au murmure qu’au cri et que nous avions à cœur de l’emmener partout. Nous avons donc souhaité une forme mobile et susceptible de s’adapter à tous les espaces, à leurs spécificités respectives.
De cette façon, en plus des théâtres, nous avons pu, d’ores et déjà, jouer sous un chapiteau, dans un musée,
une librairie, un cinéma, dans une grotte et, aussi, en prison.

C’est un spectacle qui doit pouvoir aller partout parce que les mots que nous portons et incarnons non seulement s’adressent à tous, mais, nous en avons fait l’expérience, peuvent toucher tout le monde. C’est bien la force
de ce spectacle que de pouvoir toucher des personnes ayant une culture poétique de la même manière que ceux qui n’en ont pas voire même y sont réfractaires.

Notre travail, et notre joie, c’est de poursuivre cette aventure, de l’emmener plus loin et ailleurs. Notre travail,
c’est de faire vivre les mots d’Attila Jozsef, de les semer et de laisser les images, les sons, les émotions faire le leur, car, avant tout, que nous soyons comédiens ou musiciens, nous sommes des passeurs.

Thomas et Louis-Emmanuel / L’étreinte 2018